05 février 2007
Le collectif écrit à Jean-Louis Borloo
à : Monsieur le Ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement
Objet : Hébergement d’urgence dans un hôtel de l’agglomération orléanaise
Monsieur,
Depuis plusieurs mois, plusieurs années parfois, des familles demandeuses d’asile sont hébergées dans un hôtel du centre de Saint Jean de Braye,Loiret , dans le cadre du dispositif d’hébergement d’urgence géré par la Croix Rouge jusqu’en juin 2006 (SAMU Social)
Depuis le 1er juillet 2006, une nouvelle association, l’ADAGE, sur mandat de la Préfecture a géré l’hébergement de ces familles. De façon inexplicable, elle a décidé de déplacer ces familles d’hôtels en hôtels sur l’agglomération orléanaise pour de très courtes durées quitte à les faire revenir parfois à l’hôtel de départ.
.
Les 15 familles logées à l’hôtel « Abresid’ » de Saint Jean de Braye, ont toutes refusé d’être déplacées sans raison et ont souhaité rester sur place dans l’attente de propositions de relogement durables. Leurs enfants étant pour la plupart scolarisés dans les écoles, les collèges de Saint Jean de Braye.
Devant ces refus, l’ADAGE a d’abord décidé de suspendre le paiement de l’hébergement de toutes familles logées à Abresid’.
Puis certaines d’entre elles ont finalement obtenu de l’Adage la possibilité de rester sur place tandis que 5 autres voyaient le paiement de leurs nuitées supprimé jusqu’à aujourd’hui.
La propriétaire de l’hôtel a alors engagé une procédure d’expulsion immédiate à l’encontre de ces 5 familles.
Suite à l’action du Comité de soutien aux familles, le tribunal d’Instance d’Orléans dans son jugement du 5 septembre 2006, a débouté l’hôtelière de ses demandes d’expulsions.
Il a reconnu que les occupants des chambres n’étaient pas sans droit ni titre et que la chambre constituait leur résidence principale. Ce qui signifie qu’ils sont sous le régime commun des contrats de location et bénéficient à ce titre de délais.
A notre satisfaction, la mission de l’ADAGE qui prenait fin au 31 décembre 2006 n’a pas été renouvelée.
Le 28 décembre dernier M. le Préfet nous informait que la Sonacotra se substituait à l’Adage pour les familles maintenues à Abresid’ et que les autres familles exclues du dispositif pouvaient le réintégrer.
L’une d’entre elles ayant obtenu un logement social, le sort des 4 familles exclues du dispositif pour s’être opposées à des déplacements injustifiables n’est pas réglé pour autant puisqu’il leur est à nouveau demandé sans raison de quitter l’hôtel où elles sont hébergées. !
Cette exigence est en totale opposition avec les récentes décisions de votre Ministère et la charte des enfants de Don Quichotte dont nous sommes signataires.
Pour ces 4 familles, comme pour toutes celles qui sont concernées, nous demandons l’application immédiate de l’article 2 de la Charte
Cette Charte qui fait l’objet d’un très large consensus, leur donne aujourd’hui raison notamment par son article 2 :
ARTICLE 2:
FINI LE RENVOI A LA RUE !
TOUT ACCUEIL EN HEBERGEMENT DOIT MENER A UNE SOLUTION STABLE
Le système actuel d’urgence porte atteinte à la dignité des personnes lorsqu’on les envoie
d’hébergement en hébergement, pour des périodes arbitraires, de quelques jours, entrecoupées
de passages à la rue. L’appel au 115 devrait être unique et entraîner un hébergement de la
durée nécessaire! Les dispositifs comme l’accueil «7 nuits» du 115 à Paris doivent être abolis!
On entretient ainsi l’errance, par une répétition de ruptures alors que tout être humain a besoin
de stabilité et de liens durables.
Cette pratique, qui décourage et casse tant de personnes, ruine leur santé et les met en danger,
doit cesser immédiatement.
La durée d’accueil dans un hébergement doit toujours être personnalisée et conduire à une
solution durable et librement choisie.
En application de la Charte rien ne s’oppose désormais à la réintégration de ces 4 familles dans le dispositif d’hébergement d’urgence dans des conditions acceptables là où elles le souhaitent.
Monsieur le Ministre nous vous demandons urgemment d’intervenir auprès de Monsieur le Préfet du Loiret au sujet de ces 4 familles pour :
► 1. Qu’il soit mis fin une fois pour toute à la logique punitive et à l’inégalité flagrante de traitement qui ont jusqu’ici prévalu à leur égard.
► 2. La reprise en charge sans délais de l’hébergement de ces 4 familles par la Sonacotra , y compris à « Abresid’» si elles le souhaitent, quelle que soit leur situation administrative, conformément aux préconisations du ministère de la cohésion sociale. (Annexes 1 et 2 DGAS/1A/LCE/2006/448 du 10 octobre 2006 relatif au dispositif d’accueil hivernal 2006-2007)et à la DIRECTIVE européenne du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les États membres dont le point 4 de l’article 14 précise :
« 4. Les États membres font en sorte que les demandeurs d'asile ne soient transférés d'un logement à l'autre que lorsque cela est nécessaire… »
Souhaitant par ailleurs obtenir auprès de vos services un rendez vous afin de pouvoir vous exposer plus précisément la situation.
Nous souhaitons que le consensus national qui se dégage sur cette question de l’hébergement d’urgence puisse avoir un effet immédiat pour les familles concernées et que votre intervention puisse mettre un terme à un litige qui n’a que trop duré (cf. dossier de presse joint) mais pour lequel nous restons, citoyens et élus locaux, très mobilisés.
Comptant sur la célérité de votre intervention, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre sollicitude la plus pressante et de nos plus sincères remerciements.
Manifestation le 7 février 2007
mercredi 7 février 2007
à 18 heures
place de la République à Orléans*
Le collectif de soutien aux enfants de sans papiers du Loiret -RESF45 -
organise des élections symboliques pour la régularisation des familles et des jeunes.
Venez nombreux voter
pour
la régularisation des jeunes et des familles des enfants que vous soutenez !
Ce vote symbolique a toute son importance, dans la mesure où la préfecture vient de nous refuser l’audience que nous avions demandée à l’occasion de notre rassemblement !
La parole sera donnée aux comités et aux différents membres de RESF45,
pour faire le point sur la situation
et réaffirmer la volonté de régulariser les personnes soutenues.
Les jeunes du comité de soutien de GUY, entraîneur de basket à Orléans et Saran, et menacé d’expulsion,
feront une démonstration de basket.
Venez nombreux dire avec ces jeunes que toutes les personnes que nous soutenons sont des personnes bien intégrées !!!
Le rassemblement se rendra ensuite face à la préfecture.
Suite au refus d’audience, une motion sera lue.
Une délégation ira déposer cette motion avec tous nos bulletins de votes et des pétitions de différents comités jusqu’à la préfecture.
Venez nombreux réaffirmer que ce que vivent ces enfants et ces jeunes est inconcevable pour tout citoyen attaché à l’éducation, au bien être d’enfants. Que nous refusons la précarité de leur situation et les menaces d’arrestations et d’expulsions ! Que cela passe par la régularisation des jeunes et des parents que nous connaissons !
Ils sont toujours là !
Nous restons à leurs côtés !
04 janvier 2007
Communiqué de presse du Collectif - 2 janvier 2007
« Hébergement d’urgence : assez de paroles, des actes pour les familles de l’hôtel « Abresid’ »!
Le comité de soutien aux familles de l’hôtel « Abresid’ » a pris acte avec satisfaction du non renouvellement de la convention liant l’ADAGE et la Préfecture du Loiret en matière d’hébergement d’urgence.
La résistance des familles de l’« Abresid ’» et de leur comité de soutien aux déménagements humiliants et injustifiés d’hôtels en hôtels tous les 3 ou 4 jours a permis de dénoncer et de faire cesser les pratiques scandaleuses de l’ADAGE.
Dans le cadre de la mission désormais confiée à la SONACOTRA, la Préfecture a annoncé le maintien à l’hôtel « Abresid »’ de trois familles qui étaient encore prises en charge par l’ADAGE.
Le sort de 4 familles exclues du dispositif pour s’être opposées à des déplacements injustifiables n’est pas réglé pour autant.
Pour ces 4 familles, comme pour toutes celles qui sont concernées, le comité « Abresid’ » demande l’application immédiate de l’article 5 de la Charte des enfants de Don Quichotte dont il est signataire, selon lequel : « la durée d’accueil dans un hébergement doit toujours être personnalisée et conduire à une solution durable et librement choisie. »
En conséquence le Comité « Abresid’ » demande :
- qu’il soit mis fin une fois pour toute à la logique punitive qui a jusqu’ici prévalu à leur égard.
- la reprise en charge sans délais de l’hébergement de ces familles par la Sonacotra là où elles le souhaitent quelle que soit leur situation administrative, conformément aux directives du ministère de la cohésion sociale. »
08 décembre 2006
Suite aux articles, la réaction des membres du comité
le 8 décembre 2006
à la République du Centre
Les diverses déclarations récentes de la gérante de l’hôtel Abrésid dans la presse provoquent pour le moins l’indignation de toutes celles et tous ceux qui connaissent la réalité, la dénoncent, et agissent pour dégager des solutions. Nous n’avons de cesse en effet de demander l’ouverture d’un dialogue avec les responsables de cette impasse juridique et surtout d’agir au quotidien pour alléger les difficultés considérables de ces hommes, femmes et enfants soumis à de dures conditions de vie.
Evidemment, nous sommes bien d’accord pour dénoncer l’arrêt du paiement des chambres par l’association ADAGE, missionnée par la Préfecture : nous avions précédemment écrit en ce sens à la chambre syndicale de l’hôtellerie, pour une intervention auprès du Préfet.
Mais nous soutenons que ce sont les familles concernées, au nombre de 4 et non 13, qui subissent les plus lourdes conséquences de ce désengagement de la Préfecture et de l’ADAGE:
- pas de chauffage dans leurs chambres,
- pas de ménage, literie non changée,
- agressions verbales fréquentes,
- visites intempestives des chambres,
-difficultés à obtenir le code d’accès de l’hôtel,
-téléphone intérieur coupé
L’accueil réservé vendredi 1er décembre aux membres de la délégation du Comité de soutien « arrosés » comme des animaux dangereux, montre que la directrice de l’hôtel se trompe de cible, et opte pour la stratégie de la tension. Ce n’est pas notre choix.
Car seule la Préfecture est responsable de cette situation, comme d’ailleurs de l’interpellation scandaleuse de la famille Panzo. Il n’y avait pourtant aucune urgence à renvoyer une famille dont le bébé prématuré était malade et correctement suivi à l’hôpital d’Orléans…
C’est le Comité qui a dû intervenir auprès de la Préfecture pour que le carnet de santé puisse être récupéré et envoyé en Belgique où se trouve la famille…et nous n’avons à ce jour pas pu récupérer les affaires restantes (notamment des vêtements d’enfants), l’hôtelière refusant de nous les remettre et la Préfecture s’en lavant les mains.
La photo de la chambre « après l’expulsion de la famille » montre à quel point cette expulsion s’est faite en douceur.
Oui nous pouvons être scandalisés !!! Quand aux blattes et autres insectes, il est important de rappeler que leur chambre était payée chèrement et donc censée être entretenue par l’hôtelière…Ne retournons pas les responsabilités !
Liberté…Egalité…Fraternité…
Est-il nécessaire de commenter ??
Pour protester contre ces situations, pour soutenir les familles toujours menacées, le Comité Abrésid appelle tous les citoyens et citoyennes à participer à la manifestation Samedi 16 décembre, à 15h, devant la cathédrale d’Orléans.
01 décembre 2006
Hôtel en lutte, répression, expulsion faisons grandir nos solidarités !
Hôtel en lutte, répression, expulsion faisons grandir nos solidarités !
Malgré l’expulsion de la famille Ponzo et le choc que cela provoque chez tous les membres du collectif, nous avons décidé de maintenir la soirée du 8 décembre, avec une spéciale dédicace à Irinette, la maman expulsée, qui devait chanter pour nous !.
Notre détermination reste forte et c’est le moment d’être plus nombreux encore !
Si nous gardons le coté festif grâce aux musiciens, si nous vous ferons partager notre lutte à travers les témoignages de nos amis de l’hôtel, nous allégeons l’organisation car nous sommes pris par d’autres urgences
C’est pourquoi nous vous invitons à venir nous rejoindre en amenant de quoi permettre un buffet partagé
le vendredi 8 décembre,
à 20h , salle de l’Asca, centre social du pont Bordeau , à Saint Jean de Braye
Nous assurerons le bar, pour permettre que la caisse de solidarité puisse , si possible, se gonfler un peu !
contacts
Marie- Clotilde : par mel ou tel : 02/38/21/74/46 (répondeur)
Ou Murielle : par mel ou tel :06 75 69 14 66
Rassemblement le 1er décembre à 17h devant la mairie de Saint Jean de Braye
Réunis à l'école Louise Michel de Saint de Jean de Braye, enseignants, parents, citoyens , appellent à un rassemblement de protestation le vendredi 1er décembre à 17heures devant la Mairie de Saint Jean de Braye pour exprimer leur colère et leur indignation après l'expulsion brutale par la police d'une famille de l'hôtel "Abresid" dont l'un des enfants était scolarisé dans une école de la commune.
Ce vendredi ,une chaise vide, sera symboliquement exposée à cet effet devant toutes les écoles de la ville avec l'inscription suivante :
"Jamila n'occupe plus cette chaise car sa famille a été expulsée le mardi 28 novembre 2006.
Plus jamais ça!
Rendez- vous vendredi 1er décembre devant la Mairie de Saint Jean de Braye à 17h pour exiger le retour immédiat de la famille"
30 novembre 2006
Manifestation le 16 décembre prochain
28 novembre 2006
A Saint jean de braye, la chaise de Jamila est vide
EXPULSION D’UNE FAMILLE A SAINT JEAN DE BRAYE
PREMIERE CHAISE VIDE DANS UNE ECOLE !!
A l’école maternelle Louise Michel la chaise de Jamila est vide…
La police s’est présentée à l’hôtel Abrésid ce mardi à 6h30 pour arrêter l’ensemble de la famille : parents
et trois enfants dont un bébé de 9 mois gravement malade qui nécessite des soins réguliers et des
conditions de vie saine
Nous condamnons les conditions inhumaines de cette arrestation :
-une vingtaine de policiers pour 3 enfants et leurs parents
-quelques affaires dans un sac plastique
NOUS RECLAMONS :
-LEUR RETOUR IMMEDIAT A SAINT JEAN DE BRAYE
-LA CONTINUITE DES SOINS POUR LUISA
-LA POURSUITE DE LA SCOLARITE
-LA REGULARISATION DE LEUR SITUATION ADMINISTRATIVE
-UN LOGEMENT DECENT
REAGISSONS IMMEDIATEMENT
RASSEMBLEMENT MERCREDI 29 NOVEMBRE
17H30 DEVANT LA PREFECTURE
REUNION DES PARENTS, ENSEIGNANTS, CITOYENS
JEUDI 30 NOVEMBRE A 17H30
ECOLE LOUISE MICHEL (MATERNELLE)
Intervention du collectif lors du conseil municipal de Saint Jean de Braye le 24 novembre
A l'issue de cette intervention et après 6 mois de lutte, le comité Abraysid a enfin obtenu un rendez-vous avec le maire
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Monsieur le Maire, Mmes et Mrs les Adjoints,
Mmes et Mrs les Conseillers Municipaux,
Mmes, Mrs,
La démocratie est un exercice parfois difficile, c’est toujours un exercice nécessaire. C’est aussi une exigence de tout temps, et c’est pour nous ce soir une interpellation dictée par l’urgence.
Voilà pourquoi nous sommes ici ce soir comme citoyens responsables, devant une assemblée élue, qui se réunit en séance publique, pour retenir à nouveau votre attention sur une situation connue de tous dans notre commune, à quelques pas d’ici, que nous considérons suffisamment grave pour avoir communiqué à chacune et chacun de vous, ainsi qu’à d’autres élus, dans ces derniers jours, une copie de la lettre que notre Comité a adressée à Mr Le Préfet du Loiret.
Pour notre part, et nous ne sommes assurément pas les seuls car nous avons la faiblesse de penser que c’est une conviction unanime, la République est résumée et assumée dans sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
Mais si la devise est ancienne et tout à l’honneur de la France, elle ne peut être à géométrie variable. Elle doit pouvoir être valide et vérifiée partout et au quotidien. Or qu’en est-il ici même, à Saint Jean de Braye ?
Alors que cette semaine s’est ouverte lundi par la Journée Internationale de l’Enfant, se couchent à cette heure dans des chambres d’un hôtel tout proche, et parfois dépourvues de chauffage, des enfants scolarisés dans les écoles de la ville qui vivent avec leurs parents dans l’angoisse du lendemain, aux prises avec des cauchemars. Qui ne peut pas être affecté par cela ? Quel-le élu-e républicain-e peut détourner les yeux de ce drame ?
Alors que des familles exilées pour des raisons politiques, religieuses, économiques ou de stricte insécurité personnelle donnent au quotidien dans notre ville toutes les preuves d’une volonté d’intégration sur notre sol sont déboutées du droit d’asile, qui peut - de cœur et de raison - les contraindre à un deuxième et ultime exil ?
Alors que de grandes nations voisines comme l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne font preuve à la fois d’humanité et de réalisme en régularisant des dizaines de milliers de familles exilées, nous serions nous, les héritiers de la Déclaration des Droits de l’Homme, insensibles au sort d’une quinzaine de familles semblables sur notre commune ?
Alors que le principal conseiller économique du gouvernement espagnol relève que la régularisation de 600.000 travailleurs sans papier est à l’origine de la moitié de la croissance économique ibérique - propos repris dans le journal « Le Monde » du 21 novembre – notre gouvernement persisterait pour de basses motivations électoralistes à refuser à quelques milliers de personnes la régularisation administrative ?
Alors qu’un sondage paru le 7 octobre dernier dans le quotidien « 20 minutes » nous apprend qu’une majorité est favorable à la régularisation administrative des familles avec enfants scolarisés, nous demeurerions ici dans une tour d’ivoire, loin de ce mouvement d’opinion qui rend crédit à notre sens de l’hospitalité ?
Mr le Maire, Mmes, Mrs,
C’est parce que nous répondons NON à ces questions que nous demandons un examen rapide et suivi d’effets de la situation que nous présentons dans ce courrier précité.
Du fait de l’incompétence - pour ne pas en dire plus - de l’association ADAGE chargée par la Préfecture de prendre le relais du SAMU social et de la Croix Rouge qui jusqu’au 30 juin dernier géraient les familles réfugiées en situation d’urgence, une quarantaine d’hommes, femmes et enfants de l’Abresid’Hôtel se trouvent dans une situation d’extrême précarité ; si nous tous avons pris acte avec satisfaction de la décision de justice du 5 septembre 2006 qui leur reconnaît le droit de demeurer dans cet hôtel, il faut tout aussi bien reconnaître que la dégradation de leurs conditions de vie appelle de la part de tous des gestes de solidarité. Nous en faisons quotidiennement dans notre Comité en assurant le lessivage de la literie, en apportant lait, couches, fournitures scolaires, alimentation, tickets de transports, cartes téléphoniques, vêtements de saison, aide aux démarches administratives, etc… et nous demandons ce soir que la collectivité territoriale que vous dirigez en fasse également.
Mr le Maire,
En recevant une délégation de notre Comité le 30 juin dernier, vous déclariez « être prêt à jouer un rôle de médiateur » , propos repris dans « La République du Centre » du 3 juillet.
Nous considérons que l’heure est plus que jamais venue de passer des mots aux actes. La crédibilité des mandats électifs passe par là.
C’est pourquoi nous vous sollicitons :
• pour connaître votre réaction aux demandes que le Comité formule auprès de Mr le Préfet, précisées dans le courrier que nous vous avons adressé,
• pour savoir quelles mesures concrètes vous vous apprêtez à prendre sachant que nous sommes très disposés à prendre un rendez-vous avec vous-même pour présenter dans le détail les besoins d’extrême urgence à satisfaire.
Le document d’orientation budgétaire pour 2007 qui est rendu public ce soir, et sans entrer dans les détails, semble selon vous souligner la bonne santé financière de la commune. Il n’est pas de notre volonté – a fortiori évidemment de notre responsabilité – de commenter ce rapport. Si ce n’est pour relever que la collectivité a largement les moyens de soulager la peine des familles logées à l’Abresid’Hôtel en ouvrant au chapitre 65 des charges de gestion courante des aides spécifiques pour des associations abraysiennes dont la vocation sociale permet de leur venir en aide.
Avec l’espoir de notre Comité d’avoir utilement retenu votre attention, nous vous remercions de votre écoute
22 novembre 2006
APPEL des marraines et parrains républicains des familles demandeuses d’asile de l’hôtel
Vous pouvez signer cet appel en ajoutant un commentaire (cf lien ci-desosus l'article) avec vos noms et adresse/ville.
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A : Monsieur le Préfet du Loiret
Copie : Mmes Ms les Députés et Sénateurs du Loiret
M. Le Président du Conseil Général
M. le Président du Conseil Régional
Mmes Ms les Elus de l’Agglomération Orléanaise.
APPEL des marraines et parrains républicains des familles demandeuses d’asile de l’hôtel «Abresid’»
Monsieur le Préfet,
Début juillet, des familles demandeuses d’asile logées à l’hôtel « Abresid’» de Saint Jean de Braye depuis plusieurs années parfois ont été mises en demeure de quitter l’hôtel par l’association ADAGE.
Pour avoir refusé d’être déplacées sans raison d’hôtel en hôtel pour des durées de quelques jours seulement, cinq d’entre elles ont vu le paiement de leurs nuitées suspendu et ont été exclues du dispositif d’hébergement d’urgence géré par l’ADAGE.
Menacées d’expulsion immédiate par la propriétaire de l’hôtel, ces familles se sont vu reconnaître des droits en tant que locataires par le Tribunal d’Instance d’Orléans. Elles bénéficient de fait d’un sursis leur permettant d’atteindre la trêve hivernale sans pour autant qu’une solution viable de relogement leur soit proposée.
Entre temps, la plupart des familles logées à « Abresid’», qui répondaient pourtant aux critères exigés, ont été déboutées de leurs demandes de régularisation.
Nous, marraines et parrains républicains de ces familles sommes indignés par cette situation.
Le litige concernant l’hébergement de ces personnes ne saurait être une question de droit privé, pas plus qu’il ne saurait se résorber de lui-même dans les mois à venir.
Il relève de la responsabilité directe des pouvoirs publics et de la politique mise en œuvre par l’association ADAGE missionnée à cet effet par la Préfecture du Loiret.
Forts de l’expression grandissante de la solidarité citoyenne autour de ces familles, nous vous demandons solennellement, Monsieur le Préfet, d’intervenir pour :
- le rétablissement immédiat du paiement des nuitées d’hôtel pour les familles concernées, leur réintégration dans le dispositif commun de l’hébergement d’urgence, dans l’attente de solutions de relogement décentes
- Le non-renouvellement de la convention liant la Préfecture et l’ADAGE, considérant que cette dernière a failli à sa mission tant au plan humanitaire que sur le terrain de l’accompagnement social. Ce dernier étant assuré essentiellement par le comité de soutien aux familles de l’hôtel.
- Le réexamen bien veillant de la situation administrative des familles déboutées du droit d’asile, compte tenu des motifs de leurs demandes et de la réalité indéniable de leur intégration.
Restant à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos sentiments républicains respectueux.
Jacques Charpentier, conseiller municipal de St Jean de Braye
Henri Duffaud, conseiller municipal de St Jean de Braye
Brigitte Jallet, conseillère municipale de St Jean de Braye
Guy Lejeune, conseiller municipal de St Jean de Braye
Alain Roméro, conseiller municipal de Fleury les Aubrais
David Thiberge, Conseiller Général
Jean-François Allain, Marie-Claude Allain, Agnès Eyraud, Marie-Clotilde Bastide, Vanessa Baudat, John Beauvais, Hélène Ben Chouika, Bruno Chirouse, Murielle Destats, Béatrice Grebot, Alain Hatton, Annette Hatton Raimbault, Guy Jimenes, Marguerite Jimenes, Sylvette Lauret, Eric Léon, Jean-Pierre Masson, Robert Miras, Patrick Nadin, Christine Perrichon, Gaëlle Ruffiot, Maryvonne Ruffiot, Julio Sanchez, Claude Thiberge, Chantal Vattan, Sylvie Vénuat, Jean-Marc Vinauger.


